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A- Cycles cosmiques- ce que parler veut dire ...

mercredi 17 septembre 2014

La doctrine des Cycles cosmiques (universelle et abstraite dans les travaux d’un René Guénon) ― prend dans le monothéisme une couleur quelque peu angoissante...- du moins pour les esprits assez honnêtes pour entendre son application la plus évidente, sinon la plus immédiate...

En effet si, transcrite en théologie, cette doctrine renvoie directement à l’eschatologie (indirectement au prophétisme)(1) - sociologiquement elle s’applique au psychisme à la fois individuel et collectif..., materia prima tant du point de vue religieux, qu’initiatique voire contre initiatique...

Au point que l’on peut soutenir une grande civilisation comme simple application des dits Cycles... Ce que signifie du reste tant en Occident, la doctrine dite du moteur immobile, qu’en l’Orient le plus extrême, le gouvernement de l’empire comme une partie d’échecs - mieux, selon le Yi King...

Adage on ne peut plus ésotérique, et dont les stratèges toujours plus inhumains, humanistes..., cramponnés à l’idée de « progrès » n’ont qu‘une perception des plus vagues ... En effet un tel gouvernement suppose connu, transmis, donc perpétué... un Sçavoir, par delà ses applications (indéfinies...) éminemment synthétique...

De l’Astronomique au géographique (2)- conditionnant le biologique (polarité sexuelle, succession des générations...) embrassant le Ciel et Terre via ces sciences traditionnelles dont l’idée même fait sourire l’homme « civilisé »

Du plus métaphysique ― les extrema, pour chaque individu, de la naissance et de la mort, ouvrant et fermant les Quatre saisons ― au plus Culturel - les nécessités, fonctions - propres à l’enfance, l’adolescence, la maturité, la vieillesse -

A laquelle les hapy-few les plus chanceux ne se soustraient que très illusoirement...

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La première application des Cycles est donc assez simple, les nécessités proprement sublunaires - les Quatre castes ou fonctions ― représentées en mode urbain par le Quartier, le Bazar, le Palais, le Temple ― correspondant sans trop de problèmes aux castes comme aux saisons -

Il y a, comme l’observait Frithjof Schuon, du paysan comme du moine chez l’enfant qui découvre avec la vie, cette Nature que l’homme s’évertue à dompter... Mais encore le sens (qui immédiatement ne fait qu’un avec la parole)-

Et avec ce sens, la signification, la cohérence, le savoir faire, tout un Humus dont la raison, la logique... ne constituent que la partie la plus sublimée ― et sans précautions, la plus stérile, quand ce n’est pas la plus nocive...

Pour dire autrement les promesses et mirages que représente l’age « raisonnable » par excellence ― donc en deçà des troubles qu’annonce la puberté, où le désir de maîtrise se conjugue avec celui de briller, séduire...

Ce qui fait de l’adolescent un étrange mixtum d’artisan, marchand, diplomate et, dans nos sociétés surgavées, d’avocat très procédurier...

Les choses se compliquant avec la nécessité en chacune des Quatre castes d’un développement Analogue ― du corps, du psychisme, de la réflexion, enfin de la contemplation... Donc d’une culture commune que le Rite infuse, que les castes diversifient ou appliquent, mais toujours à partir des mêmes Principes, dont l’idée même est comme perdue pour les modernes ...

En effet pour l’occident, plus encore que pour les civilisations dites orientales, s’est posé la question des difficultés grandissantes à assimiler, labourer, ensemencer la psyché des peuples barbares ou nomades ― n’ayant conservé des mystères que la partie la plus immédiate ou magique en rapport avec la chasse ou la guerre - pensons à la geste mongole, ou viking ...

Difficultés qui pour une bonne part reviennent à celle des limites inhérentes au christianisme, enfin et surtout de l’extraordinaire dégénérescence de celui-ci tant sur le plan de l’action que de la contemplation...(3), réduisant dès le XIV siècle cette révélation à une pure surface, dès lors sans autre issue que les guerres de religion...

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Mais revenons à une autre donnée cyclique, à savoir le passage « de la sphère au cube » (4) ― dans les civilisation possédant encore les Clefs de la science (sacrée)- de l’enfance à la maturité, de la matière première au chef d’œuvre- ou encore de l’activité au Non-agir...

En effet, question proportion des castes..., les quatre premiers nombres et leurs puissances font apparaître quelque chose de très curieux ― à savoir la permanence comme l’immutabilité du moteur immobile représentés comme de juste par l’Unité, que l’élévation laisse indifférente...4, 3, 2, 1 - soit encore 16, 9, 4, 1 - enfin 64, 27, 8 ,1

En effet et contrairement aux esprits encore égarés par les possibilités (plus ou moins bien mises en application...) dévoilées par l’étude des « sciences spéculatives » comme dirait à peu près Thomas d’Aquin..― celles réalisées par la contemplation méta-physique (au sens propre) tendent invinciblement, sur le plan de l’action, à ordonner toute technique, ascèse, au ne pas faire au sens du Sorcier yaqui ...(5)

Une civilisation complète est donc une organisation du terrestre séjour où, par delà les nécessités proprement sublunaires ― le Palais, le Bazar... le Quartier, la Mosquée (de nos jours plus que jamais Lointaine...)

les dirigeants ont à cœur de laisser toute sa place, et plus que sa place..., au « temple » ... rayonnant à l’envers (ou si tu veux à l’extérieur) la Lumière du dedans...

Encore que ce « temple », au sens commun, soit comme noyé par les miasmes générés par la décomposition, séculaire en occident, du monothéisme- nous voulons dire d’un christianisme de moins en moins chrétien et, en ce qui concerne les protestants..., de plus en plus judaïque...

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Car, et dans leur mystère, « temples sans portes », « collèges où l’on n’enseigne pas » (6) ont en ceci de commun que pour les pèlerins, voyageurs, parvenus à cette station ou « maqam » - comprendre est une très petite chose, absolument insignifiante ...

Comme le murmure Don Juan à Castaneda, lors d’une parfaite réfutation de la très charnelle sottise du Parménide... Et que les singes, déguisés en hommes, excipant de la kabbale ou du Tao... nous resservent à longueur de sistres, triangles et autres tambourins...(7)

Merveilleux passage où le Sorcier se sert de sa « volonté », pour faire toucher du doigt le mystère du temps et de l’éternité...(8)

En effet et pour revenir au tout début d’ « histoires de Pouvoir », tu es entouré d’éternité, et tu peux te servir de cette éternité si tu le désire... (9)

retour sur I- A propos des guérisons miraculeuses ... et R- vrais et faux toltèques... (You said Castaneda ???)...

Addenda 17septembre 2014 ― Ce texte, très irénique..., et qui ferait sourire les voyageurs constatant de visu ce qu’il en était des spiritualités tant vantées..., le devient un peu moins en calculant les proportions, donc l’influence respective, sur la marche du "siècle", des Quatre castes, ou parodies de castes préludant à la fin...
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En effet si [4 + 3 + 2 + 1= 10], [16 + 9 + 4 + 1 = 30, enfin [64 + 27+ 8 + 1 = 100], verticalement la proportion devient

― pour le Fer (les contraintes les plus matérielles, de la guerre, de l’esclavage et de la faim...), [4+16+64] = 84 / 140 ―

pour l’Airain (concurrence avidité, mépris des droits les plus élémentaires) vers [3+9+27] = 39 / 140 ―

pour l’Argent (de l’idéologique au scientifique) [2+4+8] = 14 / 140,

enfin pour le spirituel pur, [1+1+1] = 3 / 140...

Ou 138... (Alif...), puisque 1 est comme soustrait au changement, voire 134 (en ne gardant qu’un seul 4...)


* 176 comme pyramide.... (+ 5 comme 181 soit un Quoph arabique...)(pthesque...)

(1) « Jours » de la genèse, siècle des siècles ; monde à venir, jugement ; tout est Cycle- et il faut être vraiment une mule montée par un âne..., pour confondre colonialisme, pardon mondialisme..., et « parole de Dieu »

(2) la Nuit et le Jour- Astrologique- les biorythmes...

(3) " Frédéric II ou le rêve excommunié " Benoit Meschin- « l’Orient chrétien et l’essor de la papauté », Papadakis et Meyendorf déjà cités .

Destruction des templiers, essor de la bourgeoise et rupture de toute relation (suivies...) avec « le centre du monde » comme dirait Guénon... Et le latin, tout à sa haine des musulmans, qui en vient à demander à la synagogue « les clefs de la science » ...

(4) « le règne de la quantité » RG ce chapitre

(5) « ne-pas-faire », concept mieux, " opératif " parfaitement développé dans « le voyage à Ixtlan » ― disant en toltèque le sens des « Do » * auxquels le Japon moderne s’efforce de conserver un semblant de vie, tout en infestant le monde de « tamagoshi »..

Ou encore la tentative, désespérément asymptotique..., des occidentaux tentant de conceptualiser l’art abstrait... ― enfin les acrobaties des mathématiciens ou physiciens des particules, « intellectuellement » parlant très en dessous des peintres, qui par définition ne sauraient renoncer à la Perception...

(6) « Non-agir », « temples sans portes », « collèges où l’on n’enseigne pas » - concepts taoïques comme dirait Mat-Gioï...

la première version des Livres obtenus par le saint moine au Temple du Tonnerre (du Verbe...) dans le Si-Yéou-Ki - le zennisme selon lequel le Buddah n’a jamais rien « dit » (ou affirmé, comme Absolu)

Vagues équivalents monothéistes ; la « Thorah » (mieux la Mishnah ...) en Noir et Blanc, la mère du livre (Coran)....

Comme de juste entendus en « langue naturelle » (qui est Adam, alors qu’une " langue sacrée " n’est réellement telle que par une sublimation dont les barbus n’ont pas la moindre idée- mais que l’on pourrait éventuellement rendre à peu près intelligible à un... cristallographe...)

(7) sistre pour cithare, humanisme ― triangle maçonnique ― tambourins métis, au sens de Natacha, qui trouve bon, Juste (Thémis / Métis...)* raisonnable... que « l’Occident » succombe à sa propre cupidité, avarice, cuistrerie, jobardise ...

(8) « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ― A contrario et réfutant le Parménide « le pont coule sur la rivière immobile " des zennistes... dans « Voir » (les enseignements d’un sorcier Yaqui) chapitre XVII..., § « le 18-10- 1970 » le Sorcier et son apprenti, sous le grand Sycomore....

Dire qu’un tel ouvrage est postfacé par Jean Monod, en l‘occurrence parfait exemple de l’atrophie occidentale...

(9) I chapitre "rendez-vous avec la Connaissance" in " Tales of Power "-

contrairement au " temps et l’éternité " de Coomaraswamy ― dont l’érudition sur ce thème n’illusionne que le mental- ( Ptah à destination g-s-o * toujours transis devant les compte-rendus de Guénon dit le Vieux Chat)

note 8- * Diké, la loi humaine- Mètis la ruse- Thémis la justice « immanente » au sens de Dharma-

A propos de la Nature, mieux, " le Tonal " à travers lequel se manifestent les Dieux pardon, les Dèvas...- Pécari et Tucanuçu nous recommandent la Mètis grecque (tchéréz iat6 ...) d’un certain J.Claude Vernant...

* g-s-o ; guénoniens de stricte observance, croyant dur comme fer à la parodie maçonnique, comme ne dirait pas le Maître, qui en l’occurrence à tout faux ...