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B- le squelette conceptuel

Du contenant séphirotique au contenu prophétique...

mercredi 2 novembre 2005

précédent A- de la subordination de la Sagesse au politique, et ce qui s’ensuit. 793 visites-03-09-10.

Bête, Mer, seconde Bête, Dragon Vert, dragon Roux, Appolion...
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La vision de saint Jean, vision Angélique..., mélange dans un apparent désordre passé, présent, futur indéterminé.

S’y mêlent en effet plus d’un thème, les uns en rapport avec le devenir de l’organisation initiatique primitive, qui mettra quand même quelques siècles avant de se constituer en religion, les autres avec la résorption, au bout de "mille ans ", de cet ésotérisme primitif, processus à l’issue duquel la religion, comme abandonnée à elle même, subira à nouveau les assauts des puissances infernales.

Le christianisme ne sera donc vraiment complet que de l’édit de Constantin 313, au supplice des templiers 1314-
d’où résulte que la prétendue grande peur de l’an mil se ramène, du point de vue de la prophétie apocalyptique, à cet intervalle, à l’issue duquel l’Esprit s’est rétiré...(1)

Ceci posé le squelette conceptuel de l’Apocalypse de Jean est assez simple, nous avons nommé la doctrine des séphirots, sorte d’abrégé des doctrines orientales du corps subtil, et partant des correspondances entre l’être individuel, la collectivité enfin le Cosmos dans toute sa profondeur, pour ne pas dire son mystère (la Terre le Mer et le Ciel du Deutéronome).

Le départ entre ces thèmes n’est pas des plus aisés, aussi renverrons nous aux rubriques plus spécialisée, pour nous concentrer sur le Roux dragon, la Bête, cette fois secondée par une deuxième Bête, toutes entités reprenant et amplifiant le thème de la Quatrième Bête prophétisée, mieux dévoilée quelques siècles auparavant à Daniel (VII 19 )-

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Mais d’abord qu’est ce qu’une Bête ???- En clair un pouvoir temporel qui subordonne toutes choses à ses fins.... À commencer par la religion ...

Enfin un pouvoir temporel qui après avoir asservi la religion récupère (ou instrumentalise comme diraient les russes) la psyché religieuse à ses propres fins (le glissement de l’éthique monastique à une morale typiquement protestante du travail, de l’accumulation, du profit, est caractéristique de ce genre d’évolution).

Au fait pourquoi la Bête vient-elle de la Mer  ???

En d’autres termes pourquoi un pouvoir temporel maléfique doit-il être le fait d’un empire maritime plutôt que terrestre ???

Question d’importance ne fut-ce qu’en raison d’une sorte de décalage qui ne peut manquer de frapper les historiens entre la prophétie et les invasions manifestement très terrestres menant quelque siècles plus tard l’assaut contre le Saint Empire-

A l’exception de l’islam grommellera ici toute un école, branchée sur la géopolitique américaine...- mais tout à fait incapables de saisir le retournement du thème de la Navigation, dégradée en quête très marchande du paradis terrestre.

En effet comprendre c’est réaliser, chez tout les peuples de la Terre, l’existence d’une géographie sacrée que l’européen se fera un devoir de détruire, géographie allant de pair avec celle des reliefs, climats, sources et rivières- sans parler des spécifications propres aux trois règnes, et qui sont comme autant de signatures angéliques ou infernales...

Réaliser c’est concevoir que les civilisations métaphysiques ", comme celle de l’islam ou de la Chine, si elles connaissent le commerce donc la navigation, ont tout autre chose à proposer à leurs élites que la maîtrise ou domination de l’élément liquide qui est comme la projection physique du "monde subtil".

Enfin parce que concevoir c’est admettre que ce retournement marchand en surface, infernal en profondeur, de la maîtrise des mers, des républiques italiennes, au Portugal et à l’Espagne, en attendant les hollandais et les anglo-saxons,

sera le fait de nations pour les premières ne disposant très vite que d’une religion passablement frelatée, pour les seconds de cette caricature de religion globalement désignée sous le nom de protestantisme...

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Bigre !!! Mais alors et "la seconde Bête" ???

Tient de près à l’idée que l’occidental se fait de la science, (au sens de saint Thomas pour qui chaque démon à son idée du Bien). Notons sans plus la confusion vulgaire entre la science proprement dite et le savoir faire de l’ingénieur.

En effet en amont de cette confusion nous trouvons cette autre préjugé, à savoir d’une part que seul l’Occident s’est élevée, grâce à la quantification des phénomènes, à une science digne de ce nom, d’autre part et comme conséquence de cet à priori que les civilisations autres que celle de l’occident « chrétien » n’auraient connu que des approches des balbutiement, bref de l’empirique.

Préjugé tenace où communient les croyants les plus « intégristes » voire « initiés » (Joseph de Maistre...), les savants (Koyré), enfin les adversaires les plus intransigeants de toute forme de spiritualité qui, militants politiques ou orientalistes estiment, à la suite de Spinoza sinon de Maïmonide, que la religion (donc l’Eschatologie) c’est bon pour le peuple...

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Mais au fait qu’est-ce qu’un "Dragon" ????

La question mérite d’être posée ; en effet si tout un courant bien français, d’une grossièreté toute rationaliste, se réclame de Descartes pour soutenir l’origine empirique des Arts, sciences, métiers de jadis, plus d’un savant, à commencer par notre marionnette nationale, s’est penché à vrai dire avec plus d’effort que de succès sur les traces, voire les légendes entourant la science "Antique"

Un rapport avec le Dragon ???????

Un rapport évident pour peu que l’on entende cette entité comme une puissance Autre que temporelle et de ce fait en retrait de l’action proprement dite - on pense évidemment avec R. Guénon à l’Autorité spirituelle laquelle, légitime arborera un Dragon Vert ou Bleu foncé, voire de façon plus technique vert, pourpre et blanc-

A contrario un hermétisme détaché des grands mystères risque fort de s’éparpiller dans la recherche des pouvoirs au pluriel, et par la même de virer, à plus ou moins brève échéance, à la contre-initiation, d’où le dragon Roux ou tanné, caricature de Dragon ou de Sagesse...

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Mais, et la science dans tout cela ????

Nous y venons... disons que "la" science et par définition même de son activité, ne peut dans une civilisation digne de ce nom qu’être subordonnée à Autre chose...

Par définition ??

Qui dit science dit point de vue, méthode, mais encore objet, donc limite- à moins d’entendre "physique" au sens ancien, d’une connaissance globale de la Nature, acception en passe de disparaître au moment où, la Renaissance faisant place aux " lumières", c’est la méthode qui se veut globale et non la Nature, décomposée en autant d’objets que d’expériences possibles, ou encore profitables au sens immédiatement tangible du terme...

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Mais a-t il jamais existé une Connaissance autre qu’abstraite, pour ne pas dire parfaitement subjective, donc irréelle de la Nature..., au sens global comme vous dites ??

En mentionnant sans plus le chamanisme faisons remarquer à notre savant interlocuteur que la Trigrammatique chinoise va beaucoup plus loin dans la synthèse que la physique et surtout la logique d’Aristote laquelle, que nous sachions, n’a pas encore été tout à fait reléguée au musée des inutiles ...

Vous m’impressionnez je me rends, mais... subordonnée à quoi ???

Disons, pour un roi sous le Dais du Ciel, subordonnée à quelque chose qui n’est qui n’est ni la production, ni la concurrence, ni la guerre, ni le profit.

Nous avons nommé les sciences traditionnelles dont la Sagesse normalement comporte les Clefs - sciences donc, mais dans une acception ou "dimension" dont l’idée même demeure incompréhensible au scientikus, pour qui la science (ou plus exactement ses principes) ne peuvent qu’être déduit à postériori au terme d’une harassante quête expérimentale,

vision au demeurant ad usum delphini - les idées à priori sont toujours très présentes dans la cervelle incertaine des pères de la science moderne, quand leur origine...

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Incertaine ???

Avez vous jamais bien pris en considération les « songes » de Descartes ...

Hmmm, mais au fait pour quoi ce "normalement", nous qui croyions avec Guénon que la Sagesse comporte en germe.... toute chose...

Disons que si l’on excepte (et encore à titre temporaire) "l’art de lettres" propre à toute Idéographie digne de ce nom, (comme l’hébreu biblique et l’arabe coranique) que les "sciences traditionnelles" sont de loin antérieures aux trois monothéismes...

Avec vous impossible de s‘arrêter sur du connu, cependant et si je puis me permettre..

Je vous en prie...

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Je pense à votre interprétation de la seconde Bête et du coup me vient cette question... Où voit-on, dans l‘Apocalypse de Jean, apparaître ces fameuses "sciences traditionnelles".

En passant sur la manie des gens se réclamant des cathédrales de dénier tout ésotérisme au passé chrétien, notons la mention très précise dans l’Apocalypse du retournement au sens technique, d’une " science traditionnelle " majeure, dite des nombres D- Appollion ou d’une science des nombres à rebours

Citation ??

Appolyion

Dit encore Abbadonna...

Laissons, si vous le voulez, pour une fois l’hébreu (revu et corrigé par... Boulgakof), de coté.

Concevez, ne fut-ce qu’en mode imaginaire, que le nombre fut autre chose dans les civilisations Antiques et que les superstition galiléennes, sorte de remake du trop fameux " J’ai Créé toutes choses avec mesure, nombre, et poids", sont pour quelque chose dans l’avènement de la fameuse science occidentale moderne-

encore que sont arrière plan, "rosicrucien", voire "platonicien" soit à peu près ignoré d’un public assez inculte pour se nourrir du da Vinci code et autres écrans de fumée....

Diable !!!!

C’est le mot ......

suivant C- Le nombre de la Bête, ou pourquoi ce huitième roi fait partie des sept.


(1) Ceci dit et d’un point de vue plus global le XI siècle voit avec le "novae" de 1054..., l’abandon du roman, la rupture des latins et grecs sur le Filioqué, la grande offensive moralisatrice, centralisatrice et germanique de Rome - l’invasion de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant (du coup passant sous joug anglo-saxon, l’Armorique devenant de ce fait le refuge des bretons ), enfin le déclenchement des croisades.

(1) L’agressivité envers le judaïsme, non moins abandonné par le Ciel, mais soupçonné de conserver des mystères chez les latins en voie d’évaporation définitive..., la haine pathologique de l’islam s’explique alors très simplement