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Y- Entrisme kabbalistique ou....

Le "catholicisme intégral" de l’Abbé Boon.

vendredi 4 janvier 2013

TEXTE de Dominique D..., sur Google, Mardi 2 Mars 2010, 6 h 19.

On a publié, chez Dervy, un ouvrage intitulé « Au Coeur de l’Écriture ». Il s’agit des méditations de l’Abbé Boon, un prêtre catholique d’origine hollandaise qui a fait ses études théologiques au Séminaire de Nevers. Ceux qui ne disposeraient pas de cet ouvrage pourront toujours se reporter au volume IX/Ndeg. 4 de « Connaissance de Religions », où l’un des chapitres du livre a été repris. La notice biographique y est d’ailleurs plus complète.

Ce livre pose le problème des relations justes entre l’exotérisme catholique et les méthodes judaïques d’exégèse.
Toutes sortes de rumeurs ont circulé sur l’éventualité d’un rattachement de l’Abbé Boon à une "lignée initiatique".

Nicolas Marin Boon est né le 20 mars 1920 à Leyde, sur les remparts où se trouvait aussi la maison natale de Rembrandt en qui Nicolas se découvrit un frère selon le sang de l’esprit, le vrai sang. Plus tard, cet intérêt pour Rembrandt orienta ses pas vers les quartiers juifs d’Amsterdam où il noua une amitié avec un libraire israélite qui l’initia, nous ne savons comment, à certaines merveilles de la littérature rabbinique.

Sachant cela, on ne peut pas manquer de faire certains rapprochements : Rembrandt, Amsterdam, un libraire juif ! Comment ne pas penser à l’AGLA et à Menasseh ben Israël, l’imprimeur dont parle Tourniac !

Mais que savons nous de l’AGLA ?

Peu de choses mis à part ce que Charbonneau-Lassay et Luc Goustine en ont dit. Reyor a rapporté les dires de Charbonneau-Lassay et on les trouve dans le second volume de ses articles repris par Arché touchant à l’ésotérisme chrétien (p.91).

Il est question de « l’Estoile Internelle » ainsi que d’autres groupements plus répandus au contraire, tel « l’Agla », qui s’appuyait sur la Kabbale juive, et ont dépassé le cadre du dogme catholique ,et sont entrés de plain pied dans le domaine que la Sainte Église réprouve.

C’est dans un de ces groupements que fut acceptée une assimilation complète entre la Personne du Saint-Esprit et celle de la Vierge Marie.

L’AGLA est cité à titre d’exemple mais il n’est pas dit qu’il s’agit bien du groupement ayant postulé en faveur de l’assimilation décrite. On peut cependant le penser. On note en effet des convergences étranges : l’appel que ressentit Nicolas Boon se serait traduit par une intelligence subite du Mystère de la Maternité de Marie, auquel il avait été jusque la obstinément fermé.

Si nous nous reportons au livre cité nous voyons que le chapitre final (ce peut être le premier pour un esprit sémite) est consacré à Marie, Vierge et Mère.

Dans ce chapitre, l’auteur rapproche l’affirmation de Marie selon laquelle elle déclare être l’Immaculée Conception du fait que le Saint Esprit est l’acte de conception, la Conception tout court et l’assimilation prohibée par la Sainte Église se trouve littéralement réalisée par le fait que la Vierge a pris le nom de son époux, à savoir l’Esprit Saint.

Nous ne nous chargerons pas de déterminer si c’est là une hérésie, mais nous ne pouvons nous empêcher de noter une parenté évidente avec le phénomène de déviation décrit par Charbonneau-Lassay.

Un autre point, tendrait à indiquer que l’œuvre de Nicolas Boon serait une "émanation", des doctrines de « l’Agla ». Il s’agirait d’une initiation d’imprimeurs. Dans la citation de Charbonneau-Lassay par Clavelle, l’information viendrait en effet du premier cité.

Ce détail n’est pas mentionné mais si l’on observe que Rembrandt, Menasseh l’auteur-imprimeur-éditeur et le libraire juif ami de Boon, alors étudiants aux Beaux-Arts, relevaient du monde des Arts Graphiques, le rapprochement devient très troublant.

A plus forte raison quand on s’aperçoit que l’Abbé Boon semble avoir destiné plus spécialement ses productions à un groupe d’élus centré autour des Cahiers de Bourgogne.

La Bourgogne, comme cela est étrange !

Rappelons que Philippe le Hardi a acquis la Hollande (héritage des Wittelsbach) en 1394, que Charles le Téméraire a formé une alliance anti-française contre Louis XI grâce au concours de l’Angleterre et de la Castille...

Quoique vassaux de la France et de l’Empire, c’est sous le règne des ducs de Bourgognes que la bourgeoisie des Pays-Bas a pris conscience d’une culture propre avec Van Eyck et Van de Weyden, la puissance de ces princes reposant sur la concentration exceptionnelle des richesses économiques dans les Flandres et le Brabant.

La formation du bloc qui aboutira à la constitution du principal bastion des réformés devenus indépendants, a donc commencé par la tentative d’une restauration de la Lotharingie à partir d’une dissidence française.

Voyant cela, on ne peut s’empêcher de penser que certaines " influences " (au demeurant purement psychiques) pourraient bien continuer de suivre les mêmes cheminements géographiques qu’autrefois.

Dans cette perspective, la mise en vedette des mystères frelatés de la Toison d’Or dans le numéro 54 de VLT, (mystères que Henry Montaigu aurait déclaré suspects dans « La fin des féodaux »

et la promotion de l’ésotérisme judéo-amstellois de l’Abbé Boon dans « Connaissance de Religions » à l’initiative de deux bourguignons, pourraient bien s’interpréter comme des "signes" de re manifestation des dites "influences"...

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Nous nous contenterons, pour l’instant, de suivre les bulles que provoquent, à la surface de la mare, les "grenouillages" contre-traditionnels, voire contre-initiatiques, sans chercher plus avant. Si le pavé que nous lançons à partir de notre colline est assez gros, on finira bien par voir le fond.

Nous ne pouvons qu’être circonspect sur l’orthodoxie de l’Abbé Boon et il faut se demander si la tentative de ses disciples de promouvoir les méthodes propres aux gloses talmudiques à l’intérieur du christianisme est bien légitime.

Outre la difficulté qu’il y a de savoir si l’auteur n’a pas mêlé à des points de vue orthodoxes des opinions qui lui étaient propres, nous avons bien des raisons de penser que sur un plan strictement méthodique, le "juridisme" auquel donne lieu ce système de glose serait assez incompatible avec l’esprit chrétien.

Ces procédés "numérologiques", quoique valides dans leur ordre, à condition d’en connaître toutes les données, procurent trop souvent l’impression de renforcer le légalisme tatillon imprégnant la tradition judaïque avec ses 613 « mitsvots » au point que le caractère trop contraignant qui s’en dégage (et s’étend par contrecoup à toute la sphère judéo-chrétienne) fait office de repoussoir.

En une époque où il faudrait au contraire faire aimer la religion en la dégageant de ce rigorisme et en mettant l’accent sur la saisie intuitive de la connaissance doctrinale pour sa valeur transformante, nous sommes persuadé que l’esprit et l’intention droite seraient plus opérants.

Le caractère trop systématique des manipulations que Gil Emett a développées de son côté, en osant écrire que les millions de divinités hindoues devront, en quelque sorte, se convertir au monothéisme judaïque, conduit à une véritable "fermeture" apparaissant comme l’antithèse de l’œuvre de Guénon.

Et ce qui nous console c’est que lors du prochain Pralaya devant suivre l’intervention du "Messie", il n’y aura plus ni juifs ni chrétiens pour assimiler qui que ce soit !

Mais en attendant, il faudra bien se faire une raison en rongeant son frein.

Fin texte Dominique Devie.

Aération, italiques et gras par nos soins.

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