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ZC- Un lettré musulman versus le nombril du moi,

ou des entrailles tentaculaires...

lundi 6 janvier 2014

2014- www.makkahcalendar.org, section articles. Conférence du Professeur Abdelhamid BenTchikou. Une religion très en vogue...

Par religion en vogue, nous entendons l’idéologie à la mode.C’est une religion informelle qui tente de s’imposer à chacun d’entre nous à travers les aléas, c.à.d. à travers les joies et les vicissitudes de la vie quotidienne. Ses objectifs semblent à première vue très séduisants : changer la vie, l’amour universel, la paix intérieure, le progrès sans fin, l’invention de soi, la réalisation immédiate des désirs, etc...

Pour y parvenir, un acteur et un seul.L’homme ou plus exactement l’individu.Comment s’y prendre-il, à quoi se réfère-t-il ? Eh bien, il s’y prend en se référant à lui-même.Le Maître mot, le Leitmotiv c’est : moi, je. Moi, je signifie : « C’est moi la référence de toute chose ».

D’ailleurs, les philosophes qui ont pensé mai 68 : Marcuse, Reich, Deleuze, Foucault, tous parlent explicitement de l’homme-dieu. Ils mettent l’accent sur l’émergence d’un narcissisme tout puissant.Ce faisant, ils attribuent à l’homme tout ce qui revient à Dieu et font de l’homme la référence qui décrète : « Ceci est le bien, cela est le mal ».

Oubliant simplement qu’une religion, digne de ce nom, ce n’est pas seulement un code moral, c’est d’abord et avant tout une relation mystique à Dieu.L’individu - référant serait donc en mesure d’élaborer son identité, ses normes et ses valeurs, en faisant fi des normes de la société !

Or, ce qu’il appelle mes normes et mes valeurs ne sont souvent que des expériences subjectives et des ressentis passagers sans aucune dimension universelle.Les normes vraies, les valeurs réelles, elles ne dépendent pas des intrigues subjectives.Elles dépendent d’une réelle dimension objective qui dépasse, qui transcende la singularité du sujet et ses petites expériences individuelles.

Lequel sujet, et c’est là son drame, n’a pas la faculté de fabriquer des normes. Alors il fabrique des mots, il essaie de modifier le langage !

Ainsi, parle-t-on de : Parentalité pour désigner de pseudo-parents, démariage au lieu de divorce, pour banaliser la séparation, famille monoparentale au lieu de foyer maternel ou foyer paternel, famille recomposée au lieu de nouvelle famille,

tout simplement parce que l’enfant a : un seul père, une seule mère, quatre grands parents. Beau-père ou belle-mère, alors que l’enfant n’est ni le gendre, ni la belle-fille du nouveau partenaire de son parent.

On parle aussi de démocratie familiale pour situer les enfants sur un même pied d’égalité que les parents. Pour signifier aussi que ceux-ci n’ont rien à apprendre à ceux-là.

Or, il est un fait avéré : la modification du langage ne change en rien la réalité des êtres et des choses. Elle peut changer par contre, et de façon profonde, la représentation mentale que l’on s’en fait !

La fonction parentale, par exemple.Lorsque, par chance, la famille survit, l’enfant peut se développer entre père et mère.Tout enfant souhaite, en effet, être élevé par ses deux parents. Il a besoin de l’un et l’autre adulte pour se structurer dans son intelligence et son affectivité.

La mère c’est la source de sécurité qui permet de contenir angoisse et frayeurs. Elle occupe l’espace imaginaire à partir duquel l’enfant se donne l’illusion d’agir sur le monde.

La fonction paternelle, quant à elle, elle permet à l’enfant de s’individualiser en le séparant, en le « défusionnant » de sa mère. Elle oblige l’enfant à se situer à sa place dans l’ordre de la filiation entre père mère et, par voie de conséquence, elle l’oblige à se conformer à son identité sexuelle.La fonction paternelle correspond à la position de l’autre, à la position du tiers. Le père c’est un partenaire de la mère, ce n’est pas une mère bis.

« Les adolescents - résume très bien F. Dolto - peuvent résoudre la plupart de leurs problèmes par la pensée, par la simple idée d’une mère consolatrice et d’un père directeur ».

Autre exemple : La Fonction Educative.

Pour les « Matheux », nous dirons que la fonction actuelle dans le domaine de l’éducation, c’est la fonction inverse de la fonction éducative traditionnelle.

Ce n’est plus l’enfant qui est incité à s’identifier au parent du même sexe. Ce sont les parents qui cherchent à s’identifier leurs enfants.

Pour rester dans le vent, « il faut rester jeune et ado ». Lorsqu’on daigne s’occuper des enfants, on privilégie l’écoute et les activités ludiques. Tant est si bien que lorsque ces enfants parviennent à l’âge adulte, ils se retrouveront seuls, sans normes et sans compétences. Nombreux alors seront ceux qui seront tentés par la drogue, la boisson et parfois même le suicide.

Eduquer cela suppose en effet, être le médiateur entre l’enfant ou l’adolescent et le monde extérieur.

Malheureusement, nous baignons dans un monde saturé d’informations. Des informations qui parviennent directement à l’enfant ou à l’adolescent. Si bien que l’éducateur - parent ou tiers - est dépossédé de son rôle !

La crise de l’école, il ne faut pas s’y tromper, c’est une crise majeure.

« Peut-on encore sauver l’École » ? C’est le titre éloquent d’un ouvrage publié aux éditions Flammarion par un éminent professeur, le professeur Dacunha-Castelle dont j’ai l’insigne honneur d’avoir été l’élève et qui a été notamment le Conseiller Spécial de Claude Allègre, Ministre de l’Education Nationale.

Dans « La Fabrique du Crétin ou La mort programmée de l’école », aux Editions J.C. Gawsewitch, Jean-Paul Briglelli montre de façon très pertinente les raisons de la dérive.

Enfin, l’afflux massif vers l’enseignement privé illustre l’ampleur du sinistre. A la rentrée de septembre 2006, plus de 20.000 candidats à l’enseignement privé n’auraient pu trouver place ! A la rentrée de septembre 2011, le malaise semble s’étendre à l’enseignement privé. Près de 4500 postes d’enseignants y ont été supprimés en 4 ans ; les effectifs d’élèves par classe y ont considérablement augmenté. Maîtres et élèves sont inquiets. Les familles, davantage encore !

L’Intériorité maintenant.

L’intériorité se développe quand l’enfant est capable d’engager un dialogue avec lui-même. Avant d’y parvenir, il lui faut d’abord s’éveiller, se révéler à lui-même, entre père et mère, se nourrir psychiquement à leur contact.

N’oublions pas qu’au début, il est dans une relation de fusion avec sa mère.
D’ailleurs, il ne se distingue ni de sa mère ni des personnes, ni des matériaux de son environnement. Progressivement, et surtout si le milieu s’y prête, l’enfant commencera à établir le lien avec lui-même. Lui-même, c’est très vite le centre de tous les intérêts et de tous les désirs.

L’idéal pour lui c’est lui. Il porte désormais un deuxième nom : Narcisse.

Mais, en se soumettant aux interdit signifiés par les figures parentales, surtout par le père, il va percevoir en lui-même une instance suprême, une instance à laquelle il se référera pour tout. Cette instance c’est l’Idéal du Moi.Ainsi le narcissisme se trouve-t-il déplacé, au moins partiellement, du moi vers l’Idéal du Moi. En renonçant à une partie de son narcissisme, le sujet accepte l’écart entre ce qu’il est et ce qu’il n’est pas.Il peut alors dialoguer avec lui-même. Il peut aussi intégrer la dimension sociale dans son psychisme.

Si, pour quelque raison, le passage du moi vers l’Idéal du Moi ne s’opère par convenablement, le narcissisme se manifestera tôt ou tard par : des conduites dépressives, des tendances à l’homosexualité et d’autres tendances masochistes à la mode. De façon générale, le lien social sera difficile, superficiel, précaire. Les problèmes de société seront amplifiés à cause de la fragilité structurelle des personnalités narcissiques.

En effet, la personnalité n’ayant pas été élaborée parce que l’environnement culturel ne s’y prêtait pas, la différentiation et l’individualisation sont entravées. Du coup, c’est la confusion du « Tous ensemble » qui prévaut. Ce sont alors les états premiers qui sont magnifiés. Ce sont les pulsions partielles qui sont sollicités et exploitées.

On opère ainsi un déni de culture et un déni de l’histoire. C’est une véritable déstructuration, si chère aux structuralistes, qui est opérée. Le modèle de référence c’est le modèle de Deleuze et Guatari, justifié dans : « L’Anti-Œdipe, Capitalisme et Schizophrénie », aux Editions de Minuit.

Maintenant, nous pouvons aborder la crise de l’intériorité

Beaucoup de jeunes ne savent plus s’intérioriser. Car, penser, prendre possession de soi, réfléchir sur le sens, « cela prend trop la tête », disent-t-ils. Alors, on s’exhibe parce que la mode est à la transparence. On laisse penser que l’on pourrait avoir accès à la vérité entière d’une chose en la pénétrant de part en part, comme si on pouvait passer à travers les êtres et les choses sans rencontrer des difficultés insurmontables, comme si les êtres et les choses étaient un prolongement de soi-même.

Or, la transparence ce n’est pas la vérité. Pourquoi ? Parce que la vérité, Elle se déduit, Elle se vérifie pour qui a la chance d’y parvenir, mais la vérité ne se possède pas : parce que la vérité est du côté de l’être ; elle n’est pas du côté de l’avoir.

On fait croire aussi que tout peut se dire, tout peut s’entendre

Ce faisant, on opère une confusion du public, du privé et même parfois de l’intime. Les gens sont davantage nommés par leur prénom, les gens se tutoient ; les gens s’embrassent. Comme des enfants ! Ils agissent à l’instar de ce qu’ils voient à la TV.

Or, la relation vraie, elle n’est possible que dans la distance.Si par nécessité l’on est amené à parler de son intimité au médecin, à l’avocat, ou au psychologue, il existe, dans chaque cas, un langage approprié.Si les gestes de la vie privée et de la vie intime sont appliqués à la vie sociale, quels gestes resteront pour exprimer et pour ritualiser la vie amicale, la vie familiale, la vie conjugale ?

Une part de secret est toujours indispensable pour prendre possession de soi.

Par ailleurs, il se trouve que la psychologie de chacun d’entre nous est traversée par de images, des représentations, des fantasmes.Or, le fantasme c’est un scénario très souvent inconscient.Un scénario qui sous-tend des pensées et des actions.Il n’a nullement vocation à se réaliser, ni à être raconté.

En marquant son espace physique et son espace psychique, l’enfant devient pudique.

Il prend possession de soi, il prend possession de lui-même ; sa personnalité apprend à se tenir dans des limites.Il apprend à conjuguer sa personnalité avec les trois sphères qui composent son espace mental, c’est-à-dire la sphère publique, la sphère privée et la sphère intime.

Une part de secret à l’intérieur de chaque sphère permet à l’individu de se posséder en distinguant ce qui vient de lui et ce qui vient des autres.Tout dire et tout se dire, c’est, en fait, la pire des tromperies contre soi-même. Pourquoi ? Parce que c’est 1- attester de la non reconnaissance de la symbolique du père. 2-rester prisonnier de la symbolique de la mère, donc immergé dans un état fusionnel.

Après avoir tout dit et tout s’être dit, les individus se retrouvent encore plus seuls et plus vidés. Celui qui cherche, sous couvert de vérité et de sincérité, à dévoiler, à montrer, de façon impudique, l’intime de l’intime, pour entraîner l’autre dans son univers narcissique, c’est l’authentique pervers.Exemple-type de l’attitude médiatique perverse : l’émission « Bas les Masques » ou l’émission « Ça se discute » de Delarue.

Les invités sont conviés à raconter leur vie selon des thèmes sélectionnés.Or, cette façon d’opérer c’est exactement celle du voyeur qui décortique dans les pleurs et la souffrance, qui s’empare du vécu intime des personnes, en voulant, de question en question, toujours en savoir plus !

De façon plus générale il est parfaitement établi que le télévisuel contrôle l’intériorité.

Comment ? - En s’emparant de l’imaginaire !Les images reçues peuvent en effet, s’emparer du fonctionnement de la vie subjective, envahir son champ et même se substituer à elle.La conscience et les conduites du sujet sont orientées de façon très efficace par la perception des émotions. Or, de nombreuses émissions, y compris parfois les journaux télévisés, suscitent un flot d’émotions.

Des émotions qui, à la différence des émotions vécues dans la réalité :fixent l’imaginaire,influencent le comportement, imposent des schémas.Tout cela sans que les téléspectateurs, les jeunes surtout, s’en rendent compte ! Combien de jeunes au passé irréprochable ont avoué des délits, parfois des crimes sans autre raison que celle d’avoir voulu imiter ce qu’ils ont vu à la TV !

C’est une réalité bien triste mais beaucoup d’individus deviennent ce qu’ils regardent, surtout les jeunes ! L’incitation des mineurs à la débauche, l’incitation au crime sont toujours sévèrement sanctionnés par le code pénal. Mais les médias qui, souvent, induisent des lois permissives, se situent et sont situés au-dessus, bien au-dessus de la loi !

Pour fuir le vide intérieur, on recherche ailleurs.Ailleurs, c’est-à-dire les grands rassemblements festifs, les médicaments, les drogues, et parfois le suicide.Les médicaments Quand l’individu se retrouve seul et sans ressources intérieures, c’est souvent au rayon des psychotropes de la pharmacie qu’il va chercher des solutions. On ne sait plus très bien, même les médecins s’interrogent si certaines personnes sont malades ou bien si elles ont du mal à supporter les difficultés inhérentes à l’existence.

Pour bien situer le problème de la toxicomanie, il est nécessaire de le repenser dans notre contexte hédoniste actuel. Un contexte où il est de bon ton de se faire plaisir et de réaliser tous ses désirs !

Certes, l’homme ne peut vivre sans éprouver et sans partager des plaisirs. Certes, le plaisir est l’élément premier qui anime le psychisme, et c’est, tout naturellement, que l’enfant se laisse guider par lui tant qu’il n’a pas découvert les limites imposées par la vie. Mais que d’efforts, que de temps, que de sacrifices et parfois que de souffrances sont nécessaires pour mener à bien une activité, trouver la réponse adéquate à une situation, cultiver une relation, par exemple le mariage, ou réaliser un projet !

Le plaisir qui en découle alors apparaît donc bien comme une conséquence et non comme une fin en soi. Or, de nombreuses personnes, surtout jeunes, ont tendance à lâcher prise dès qu’une activité devient difficile, à « jeter le manche après la cognée » comme le dit si bien l’adage populaire.
Cette attitude est bien loin de les aider à faire face aux frustrations de l’existence que chacun doit apprendre à traiter et parfois à assumer telles quelles.

Le plaisir, quant à lui Il traduit une activité. L’activité constante qui anime la vie psychique de l’homme.Il renvoie à des scénarios imaginaires qu’il est utile de chercher à reconnaître pour se comprendre personnellement.

Chaque homme est porteur, en effet, d’une histoire. Une histoire enfantine et familiale de telle sorte que le désir est souvent en rapport avec les objets perdus de l’enfance, c’est-à-dire en rapport avec les êtres et les choses qui restent à jamais introuvables sauf à violer la réalité. Des films tels qu’Orange Mécanique, Le Dernier Tango à Paris, La Grande Bouffe, Basic Instinct, mettent en scène la course effrénée à la satisfaction des désirs tels qu’ils se présentent dans l’imaginaire.

Ils décrivent la violence des désirs qui s’expriment contre les autres et se terminent dans la mort. Le plaisir conçu de cette façon n’est pas une satisfaction. C’est l’expérience du néant !

Venons-en à la drogue, si vous le voulez bien.En se vidant de l’intérieur par la drogue, la personnalité contemporaine rompt le contact avec elle-même. Ou plutôt, elle tente de le faire. C’est comme si elle ne se supportait plus dans son individualité et sa subjectivité.

Au début, on se drogue pour fuir, pour oublier. Mais l’accoutumance est rapide. Rapidement, très rapidement, on en vient à se droguer pour vivre. C’est que le manque est au cœur même de la condition humaine. Et c’est justement la reconnaissance du manque, de l’inachèvement de notre condition qui nous permet de nous prendre en charge et d’accepter de vivre en nous libérant de l’aspect illusoire des désirs humains.

Comme l’exprime, si bien Ibn El-Qayim El-Jawzia dans son traité intitulé : « Les degrés dans le cheminement » : « Il existe dans le cœur de l’homme une dispersion que rassemble seulement l’acceptation de Dieu, un manque comblé seulement par la compagnie de Dieu, une tristesse dissipée seulement par la joie de connaître Dieu et par la rectitude du comportement vis-à vis de Lui. Il existe aussi dans le cœur de l’homme une angoisse que seuls apaisent le refuge en Dieu et l’union avec lui ». En effet, « c’est bien par l’invocation de Dieu que les cœurs s’apaisent ». - Coran, sourate 13, verset 28. FIN texte

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On coupe ici... En effet la chute du conférencier (Messie Menteur / Antéchrist), est d’autant plus faible que ce Personnage représente un Principe d’inversion du Politique qui en fait s’appuie sur toute une civilisation, née de la décomposition de la chrétienté latine …

Décomposition qui sous forme religieuse prend le nom de protestantisme en Occident, mais qui de ce fait, n’a pas de meilleur relais en Orient Proche, que les diverses formes de décomposition du sunnisme comme du chiisme...

En effet la Vie d’une religion procède de la Connaissance, dont la sainteté n’est que le parvis...

De sorte que dans son application au troisième monothéisme..., le Messie Menteur ne fait qu’un avec le prétendu « intégrisme » islamique, qui non seulement nie avec férocité tout ce qui le dépasses, mais s’applique à désintégrer, avec la dernière barbarie, tout ce que le peuple, dans sa simplicité..., vénérait encore...