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ZD- Arguments de campagne, portrait (s) avec Gobineau...

vendredi 28 février 2014

extrait des Pléiades, 1874. Livre II, chapitre premier. Aéré et Italisé par les souris...

A - Laissons ce sujet. J’ai quelque chose d’important à te communiquer. Mon ministère n’a plus la majorité dans les chambres. Il ne l’a plus parce que l’on veut le renvoi du baron de Storch.

- Pure sottise ! s’écria le docteur. Le baron est un digne homme et un homme de mérite. Je le considère comme le personnage le plus instruit et le meilleur administrateur que que vous ayez. Sa grand fortune il l’emploie à des fondations dont profitent les basses classes. Enfin il est adoré des paysans, et je ne vois pas pourquoi vous lui donneriez son congé.

- Je lui donne congé, parce que l’avocat de bailliage Strumpf a ameuté tout les inutiles de notre Diète, et, comme c’est le plus grand nombre, il a avec lui ce plus grand nombre pour déclarer que Storch n’a plus la confiance du pays.

- Qu’est-ce qu’il à donc fait, ce malheureux Storch ? .

- On n’allègue pas contre lui d’avoir fait précisément quelque chose, mais on dit qu’il est usé.

- je ne serais pas fâché d’apprendre ce que c’est que d’être usé. Car pour autant que je pénètre le sens des mots, cette façon de s’exprimer n’est pas une raison, c’est une comparaison. Si Storch avait quatre-vingts ans, je dirais : Storch est usé, parce que ses facultés ont diminué avec l’âge. Mais Storch a quarante-cinq ans, et il se porte comme un charme, et vient d’écrire un gros livre qui passe pour un chef d ’œuvre dans son genre.

- Tu peux avoir raison, mais cela n’empêche nullement de dire qu’il est usé. Si ce mot ne te convient pas, je vais t’en dire un autre et t’affirmer que Storch n’est plus l’homme de la situation. Si tu m’objectes encore que tu ne sais pas ce que signifie : être l’homme de la situation, et que, sans être une raison, ça n’a plus même le mérite d’être une comparaison, je pousserais la condescendance jusqu’à l’excès en t’assurant que Storch ne répond pas aux aspirations et aux besoins de l’époque...

- Je donne ma langue aux chiens, j’avoue mon insuffisance et m’obstine à ne pas pénétrer pourquoi le baron de Storch, qui administre le pays depuis quinze ans, a créé une foule d’établissements utiles, et fait naître une prospérité dont chacun peut se rendre compte,

est usé, n’a plus la confiance du pays, n’est plus l’homme de la situation, et ne répond pas aux aspirations et aux besoins de l’époque...

S’il a tout ces torts mystérieux, existe-t-il, du moins, quelqu’un qui ne les ait pas ?.

- Evidemment !

- Et quel est ce mortel fortuné ?

- Strumpf. Comment ne vois-tu pas que Storch n’est tout ce que je viens de t’exprimer, que parce que Strumpf veut prendre sa place.

B- Un peu plus loin un portrait de... Bayrou... que l’on étendrait volontiers à toute une Droite quelque peu frottée de maçonnisme... Nous avons nommé... (chapitre VI)

Henry de Genevilliers le mentor de Laudon était d’un caractère fort honorable. Il appartenant au parti conservateur ; en outre il était libéral et attachait une importance extrême, comme tous les gens sages, à pouvoir dire à chaque contradicteur, avec un sourire attirant : « Nous sommes moins loin l’un de l’autre que vous ne semblez le croire ». De cette façon, il avait des affinités avec les légitimistes ; il n’en avait pas moins avec les démocrates et se balançant ainsi, en inclinant tout à tour de tous les côtés, et cherchant à donner un peu raison à tout le monde.

Il passait sa vie à chercher la solution des problèmes sociaux ; Il s’inquiétait de statistiques, d’économie politique, d’institutions charitables, en faveur desquelles il dépensait quelque peu. Il organisait des sociétés d’ouvriers pour l’instruction des basses classes, favorisait les lavoirs, les ouvroirs, les caisses d’épargne. Il était membre actif de la société de Saint-Vincent-de- Paul et de celle de Saint François Régis pour la régulation des mariages ;

mais surtout il prêchait la transformation morale des prolétaires qui, à l’aide de saines doctrines, de renoncement et d’abnégation résultant de principes religieux aussi solides qu’éclairés, devaient un jour devenir sobres, chastes, patients, désintéressés, tout à fait désabusés sur les bals publics, et irréconciliables ennemis du cabaret.

Il ne croyait pas précisément ces choses-là crûment comme il faut les dire pour se faire comprendre. Il les espérait, il y travaillait, il y tendait ; C’est encore un mot moderne pour dire qu’on veut une chose sans la vouloir parce qu’elle est impossible. D’ailleurs en politique je le répète, il eut aimé tout concilier.

Supposer de lui qu’il aspirait à un gouvernement fondé sur la force, eut été lui faire injure ; il ne voulait pas le moins du monde ce qui était hier ; à la vérité, il repoussait ce qui sera peut-être demain, surtout il proclamait avec énergie les dangers, la misère, l’odieux de ce qui est aujourd’hui.

Cette façon de voir, générale parmi les gens raisonnables, s’appelle être conservateur. Genevillier se portait entièrement de ce côté ; ses convictions était inébranlables.

retour sur J - Le Djihad de Valeurs Actuelles *…. 02-02-2014

Il * rencontra une fois un sage qui faisait le tour du monde. Ce sage s’appelait Jean. Il n’était pas la lumière mais il croyait servir de précurseur à la lumière.

Ce Jean lui dit :

- Monsieur je tombe d’accord avec vous que beaucoup de chose de ce temps sont odieuses, mais leur œuvre destructive est nécessaire pour prépare la place nette aux perfections qui viendront ensuite ; en d’autres termes et pour me servir d’une phrase courante, nous somme dans une période de transition.

- Je veux vous croire mais je me soucie peu de ce qui sortira de vos ravages, surtout si c’est neuf. Je ne connais pas les mœurs futures pour les approuver, les costumes futurs pour les admirer, les institutions futures pour les respecter, et je m’en tiens à savoir que ce que j’approuve, ce que j’admire, ce que j’aime est parti.

En conséquence vous ne me consolez pas en m’annonçant le triomphe de parvenus que je ne veux pas connaître...

* " Casimir Bullet ", personnage de stoïcien, amoureux fou de la comtesse Tonska, mais désespérant de jamais pouvoir dégeler ce bloc de glace...


A qui l’auteur , à contrario, attribue cette opinion ultra-moderne...*

Bref pour tout expliquer à la grosse, Genevilliers et ses amis ne croient pas que l’essentiel d’un violoniste, c’est de jouer du violon : la gloire de cet artiste et de son instrument, c’est d’imiter la grosse caisse. Quelle belle chose que d’avoir de la sculpture peinte et de la peinture sculptée, et des tableaux qui sont de la philosophie, et de la philosophie qui est principalement une effusion poétique .

Enfin, en égérie polonaise..., la comtesse Tonska...

* Les Pléiades, établissement du texte introduction et notes par Jean Mistler. éditions du Rocher, 1916,