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ZE- Fondane, de combien plus pénétrant que Dostoièvsky...

mercredi 4 mars 2015

Dans "Baudelaire et l’expérience du gouffre" ouvrage à première vue d’analyse littéraire, un certain Fondane *, inconnu des programmes de philo...(après les marxistes, le Grand Orient en plein crise de sénilité régressive...) résume de façon quelque peu lacunaire mais oh combien instructive la lente dépossession de l’Église (Romaine...) de son magistère "moral" (sociétal, politique, intellectuel)....

CITATION- chapitre XXVII en cours /.../ aéré par nos soins.

Si on se souvient qu’Auguste Comte (après Vico toutefois) diagnostiquait, dans la crise de l’Europe, la présence emmêlée et contradictoire et antagoniste des trois états de la pensée par courue par l’humanité de sa naissance à nos jours ― la pensée métaphysique, théologique et positiviste *** ― il faut reconnaître que Baudelaire est l’homme même de cette époque, en qui ces trois courants antagonistes se sont donnés rendez-vous, et qu’ils ont choisie [choisi ??] pour champ de bataille.

Sans doute, il peut sembler que, finalement, malgré une forte propension en lui de la pensée métaphysique et idéaliste, c’est le courant théologique qui l’emporte ; la seule pensée qui en lui n’ai pas subi de fluctuations, de reculs ou d’arrêts,

c’est sa haine pour les "complimenteurs de l’humanité", pour les professeurs d’optimisme, de satisfaction béate de soi,

qui nient l’existence du mal ou la justifie, ou encore la dissimule sous les conceptions de l’évolution et de la perfectibilité infinie et "naturelle" de l’espèce.

Mais c’est là un erreur de perspective : les trois états, dont parle Comte ne pouvaient rentrer en conflit que parce qu’ils se partageaient le même domaine, se disputaient les mêmes valeurs, se croyaient, chacun, volé et dépossédé par son voisin ; à la fin, chacun se trouvait lutter avec les moyens de l’autre, e cette confusion ne menait à rien de clair de décisif.

De plus la pensée théologique était entrée dans le conflit dans un état de faiblesse et de décrépitude notables. Ce n’était plus la foi des temps primitifs qui disposait du miracle, de l’absurde ; Ce n’était plus celle du moyen age de Dante de la scolastique, qui disposait à son gré du savoir et de l’éthique.

Le savoir et l’éthique avaient changé de camp, ils militaient pour la pensée métaphysique et positiviste. Était-t-il possible d’espérer la victoire en se battant avec les armes des autres ? Et que les autres avaient affilées, perfectionnées, modernisées ?

Il fallait périr ou se trouver des armes que l’ennemi ne possédât pas, qu’il ne pouvait pas posséder. Il fallait se singulariser, se distinguer de l’adversaire,se retrouver, retrouver son essence, si possible.

A cette tâche l’Église fut impuissante à se résoudre. Elle fut reprise par quelques franc-tireurs, désavoués par tout le monde : Baudelaire fut parmi eux.

" Dans sa période de conquête, n’ayant trouvé que peu ou prou de résistance dans la raison, et beaucoup dans les instincts naturels de l’homme, elle avait dirigé son attention exclusive de ce côté et avait identifié son intérêt et son essence avec ceux de la science et de la moralité. Elle avait exclusivement hypostasié son Dieu dans le Savoir, le Bien, le Beau ; il ne restait à son ennemi, le Diable- qu’à incarner le Mal, l’Ignorance, la Laideur et l’Arbitraire... " /.../

Toujours à propos d’Essence ;

"tant que l’esprit religieux a la haute main, sur toutes les valeurs spirituelles temporelles et pratiques de l’homme, et gagne en extensité, ce qu’il perd en intensité, en spécificité, il se prend se prend comme norme, principe d’explication, principe régulateur et révélation extérieure ; il cherche ses adversaires dans ce qui trouble l’exercice de sa puissance, plus que dans ce qui trouble l’exercice sa de son essence.

Chaque fois que des esprits pénétrants, rarissimes ― un saint Paul, un Tertullien, un Pierre Damien, un Pascal, un Luther ― ont essayé, le vieux Livre entre les mains, de ramener la conscience théologique à la question première

qui est celle du péché originel, en tant que Savoir, Nécessité, Mort, (1)

la conscience religieuse, y a vu une atteinte porté à son évolution et à sa puissance historique, elle à feint de ne pas comprendre, ou peut-être, n’a-t-elle pas vraiment pas compris ― les raison de cet appel désespéré et le pourquoi de cette grossièreté spéculative et langagière...

Mais à l"époque ou le Diable prenait le docte aspect d’un Aristote ou le vénérable aspect d’un Érasme professant avec ferveur la religion catholique, on ne pouvait que rire d’’un Luther lui jetant son encrier au visage ;

c’était là une vu rétrograde, qui portait atteinte croyait-on, aux vertus les plus spécifiques de la foi. Qui eu voulut admettre, que que le savoir la raison, ne travaillaient, que pour leur propre compte, , qu’ils se servaient de la religion, que pour mieux s’en délivrer un jour ?

Mais au XIX siècle le malentendu est devenu impossible à qui à des yeux pour voir :

le Diable à jeté son masque religieux, il est passé dans le camp du plus fort, il est devenu laïque positiviste matérialiste et surtout idéaliste ;

il n’existe plus dans le monde d’Érasme chrétien ; toutes les valeurs ont été sécularisées, les spirituelles comme les temporelles ; il n’est resté au religieux que l’absurde― le certum, quia impossibile de Tertullien ― dont il continue à ne pas vouloir ; De cette crise, l’esprit religieux officiel, n’est pas encore revenu, s’accroche avec désespoir à à l’instrument périmé de son ancienne puissance/.../

Mais voilà qui va plus loin, (toujours sur l’esprit religieux)

" Mais de sa longue fréquentation avec l’ennemi il a conservé l’idée, que le besoin religieux, à l’état de pureté, n’est que sentiment émotion affectivité et nullement une pensée ; or que vaut en dernière analyse, une faculté purement psychologique, même si on lui reconnaissait l’existence en tant que telle".

"Or on sait avec quelle ardeur et quelle impatience, la théorie de la connaissance ― de Kant à Husserl ― rejette le psychologique, refuse de considère la genèse des idées et fait face aux aux "prétentions" de la sensation et du "donné" à former le commencement de l’objet logique : la pensée pensée idéaliste ne veut considérer l’objet qu’à partir de l’instant où il commence d’être dans la pensée, sans plus aucune attache avec la sensation, l’expérience et le contenu affectif .

On peut difficilement parler des "prétentions" de la sensation, du psychologique ; c’est avec une parfaite docilité qu’ils acceptent que leurs produits finalement, se convertissent en catégories à priori :

tout ce qu’ils réclament c’est le libre exercice de leur facultés... Ils veulent bien engendrer le logique, pourvue que le logique, à son tour, leur permette de vivre, m^me clandestinement même sans honneur ;

Mais cette prétention, si modeste, parait exagérée aux yeux du Logique ― ce Logique qui ne veut commencer qu’à partir de lui même.

Mais si la sensation peut encore vivre sous le règne absolu de la logique, le besoin religieux ne peux t exister sans une pensée à lui. ; si c’est un besoin psychologique, c’en est un qui veut, qui doit s’exprimer en une pensée, en un langage.

C’est donc le droit à la vie qu’il sollicite ; la lutte contre la logique c’est pour lui,une question de vie ou de mort.

Ce n’est pas tant au Savoir qu’il en a ni à la Morale, ni à l’Idéal, mais au savoir, à la morale, à l’idéal autonomes, qui refusent de partir d’un "donné", d’un contenu psychologique, d’une révélation qui n’ai son origine, son commencement et son fondement qu’en soi même...

Il veut d’un savoir d"’un morale qui ai des portes et des fenêtres, qui puissent recevoir ces "espèces messagères" que Leibnitz rejetait de sa monade /.../.

Le compromis , possible ua moyen age, est devenu irréalisable. La connaissance, la morale, refusent de transiger, m^me sur le terrain de l’expérience ; elles ne veulent que d’une expérience fermée, rationnelle, où nulle espèce messagère ne puisse surgir.

C’est ainsi que Absurde est entré dans le monde moderne sous des espèces que les Anciens n’ont jamais connues. L’extrême rationalisation de tout [la vielle pensée parménidienne, "l’être c’est la pensée (rationnelle)), envahissant tou le domaine des faits] n’à pu se faire sans laisser partout des résidus et d’importance. L’ imagination est devenu un absurde, le sentiment aussi et, en général, l’affectivité/.../.

L’objet est devenu un absurde que l’on doit ― pour rendre intelligible―amener au niveau de la classe, de la probabilité", de la statistique. l’expérience empirique est un absurde. elle "irritait", déjà Kant.

Finalement, depuis la Philosophie de l"Histoire de Hegel, l’individu est, lui aussi, devenu un absurde puisque la Raison ne veut plus en tenir compte et le piétine, refusant de le comprendre autrement qu’au niveau de l’Etat ; de même un kantien comme Herman Cohen ne voulait considérer la conscience de soi, morale, qu’à partir de la personne juridique.

/.../Mais comme /.../


Benjamin Fondane, Gestapo, manuscrit expédié depuis Drancy, puis Auschwitz, 03-10-1944... préface Jean Cassou, Seghers, 1947, 1972.

*** au sens de Comte...

(1) - Après les sacrifices humains, la circoncision, l’excision et le cannibalisme..., le raffinement dans la torture, qu’un Francis Mazières est pourtant forcé de reconnaître même dans sa merveilleuse Polynésie... (Archipel du Tiki, les "énigmes" de l’Univers, Laffont1957...) Pour le XIX siècle nazisme, communisme, Guantanamo et "islamisme"...

Décidément l’Évolution..., sans parler que devant la Mort, et pour citer S.A.S...
l’homme n’avait pas beaucoup progressé depuis croc-magnon..