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ZF- la Gauche et L’Or ou Donjons et Dragons...

mardi 29 novembre 2016

Complétez votre Tchoude V- Donald Trump versus Mac-Do ??....

9-11-2016. Nous nous contentons ici de citer le texte, posté le 16 Février 2014,
signé Charles Gave, publié par "Institut des Libertés" sous le titre,
"Reagan, Thatcher, Crise Financières et Crise des Monnaies"...

CITATION . Je ne sais pas si le fidèle lecteur de l’IDL l’a remarqué,
mais il existe une espèce de « vulgate de Gauche »
pour expliquer la crise monétaire et financière actuelle.

D’après les puissants penseurs qui la représente et qui semblent constituer
en France une majorité de ce que Pompidou appelait la « classe jacassière »,
il faudrait allait rechercher l’origine de cette crise dans les actions abominables
de Thatcher et Reagan visant à appauvrir le petit peuple travailleur
au profit des ploutocrates…Cette vulgate, dont on trouve une expression
presque parfaite dans des publications qui font honneur à l’intelligence Française,
du type l’Humanité ou le Monde Diplomatique se décline à peu près comme suit.

Thatcher et Reagan, lorsqu’ils sont arrivés au pouvoir n’avaient qu’une idée :
faire baisser le niveau de vie du peuple travailleur pour permettre l’enrichissement éhonté des Ploutocrates (ie le grand capital) qui les avaient placé au pouvoir.

Pour arriver à leurs fins, ces deux monstres d’égoïsme ont décidé de baisser
les impôts, de déréglementer leurs économies tout en en privatisant des pans entiers. Leur but avoué, était de faire repartir la croissance en faisant baisser
le poids de l’Etat dans l’économie, tout en recentrant ce même Etat
vers ses fonctions Régaliennes ( Défense nationale, Police, Justice, Diplomatie).

Par exemple, lorsque Reagan fit sa première visite au Ministère des Affaires Etrangères, (surnommé Foggy Bottom par les spécialistes tant le personnel en était brouillardeux), il fit réunir tous les Directeurs pour leur faire un discours qui tenait en deux phrases :

1) J’ai un plan pour régler la Guerre Froide ;

2) Ce plan est tout simple : Nous allons faire ce qu’il faut faire
pour que nous gagnions cette guerre et que l’Union Soviétique la perde.

Et il quitta la salle.

On imagine la consternation générale de tous ces esprits subtils devant tant de bêtise (relire les grands articles de Jean Daniel ou ceux des Soviétologues du Monde de l’époque sur ce sujet est un grand motif de satisfaction).

En ce qui concerne l’économie, la pensée était aussi simpliste et Reagan disait que
la phrase la plus dangereuse à entendre pour tout citoyen était :
"Je viens de la part du Gouvernement, pour vous aider " .

Quant à Madame Thatcher, elle déclarait tranquillement devant la Chambre des Députés que "le Socialisme ne durait que tant que l’Etat pouvait continuer à voler
de l’argent aux citoyens productifs et que des qu’il n y en avait plus, il s’arrêtait ".

Et mes deux héros firent exactement ce qu’ils avaient dit qu’ils feraient,
à la stupéfaction de tous les observateurs.

Bien entendu, le succès tant diplomatique qu’économique fut au rendez vous
et l’une comme l’autre ne furent jamais battus lors des élections suivantes.
Le petit Peuple travailleur, à chaque fois votait pour eux, au grand dam des
"Oints du Seigneur", qui en tirèrent comme conclusion qu’il fallait
cesser de faire voter le Peuple, comme on le voit chaque jour en Europe.

Il n’y a en effet pas le moindre doute que baisse des impôts, déréglementations
et privatisations donnent des résultats extrêmement favorables toujours et partout, comme les exemples du Canada et de la Suède l’ont montré depuis. Mais tout cela fait baisser le pouvoir des "Oints du Seigneur", ce qui est insupportable.

Monsieur Reagan se retira dans son ranch en 1988, mission accomplie,
et Madame Thatcher, devenue trop autoritaire fut débarquée par les hiérarques
du Parti Conservateur en 1992, pour être remplacée par John Major
qui gagna les élections suivantes.

L’un et l’autre ont donc disparu de la vie politique il y a plus de vingt ans.
Attribuer la crise actuelle à leurs actions est donc complètement farfelu…

De fait, la crise actuelle trouve sa source
non pas dans la déréglementation de l’économie,
mais dans une prise de contrôle de la monnaie, ce bien commun,
par une classe technocratico-financière de Gauche,
le but étant de retrouver le pouvoir
que les réformes de Thatcher et Reagan leur avait fait perdre
.

Mais avant d’aller plus loin, il nous faut traiter une évidence :
Déréglementer la monnaie ou la privatiser est une absurdité.

La monnaie est un bien commun, constitutif de chaque Nation.
On ne peut déréglementer quelque chose qui ne coute rien à produire
et donc déréglementer la monnaie ce serait produire plus de monnaie,
plus d’endettement, plus de spéculation, mais cela n’entrainerait en rien
une augmentation de la richesse moyenne.

Déréglementer ou privatiser les lignes aériennes ou la production de voitures,
est intelligent.Déréglementer ou privatiser la monnaie est idiot.

JAMAIS Thatcher ou Reagan n’auraient fait une telle ânerie.
Toutes les déréglementations de la monnaie dans l’histoire
se sont terminées par des désastres, toutes
.

Le but de notre classe n’a donc pas été de privatiser ou de déréglementer la monnaie, mais bien d’en prendre le contrôle, ce qui n’est pas du tout la même chose…

Et cette prise de contrôle de la monnaie tant en Grande Bretagne qu’aux USA
ne fut pas du tout organisée par des forces "de Droite" mais bien par des forces
"de Gauche" , le parti Démocrate avec Clinton et le Parti Travailliste avec l’inéffablement incompétent monsieur Brown.

Aux USA, les grandes banques d’affaires, puissamment représentées dans l’administration Clinton, après avoir beaucoup contribué (financièrement entre autres) à son élection étaient aux commandes.

Ainsi Bob Rubin, ancien patron de Goldman Sachs étant ministre des finances, Goldman-Sachs, Morgan Stanley, etc. firent un « forcing » gigantesque pour que banques d’affaires et banques de dépôts, qui étaient séparées depuis Roosevelt, puissent fusionner.

Le « négociateur « pour Goldman Sachs ne fut autre que monsieur Paulsen,
qui devint ensuite le Numéro Un de Goldman avant d’être nommé Ministre des Finances US, cette fois par Monsieur Bush (qui n’a pas compris grand chose au film).

Et c’était monsieur Rubin, plus gros actionnaire de Goldman-Sachs,
alors même qu’il était Ministre des Finances qui donc était chargé de donner l’autorisation…à Goldman-Sachs. Vous avez dit « conflit d’intérêts » ?

Cette demande fut autorisée à la fin des années Clinton et dix ans après, comme l’on pouvait s’y attendre, nous avions une crise financière gigantesque qui est loin d’être finie.

Ce même monsieur Rubin passa ensuite au conseil d’Administration de Citicorp,
où il toucha plus de $140 millions de dollars de bonus, avant que cette pauvre banque ne fasse quasiment faillite en 2007, en dépit de ses excellents conseils, je n’en doute pas. (Il n a jamais rendu l’argent).

Parallèlement, les élus Américains, surtout Démocrates mais pas exclusivement,
tant au Sénat qu’ à la chambre des Représentants se débrouillèrent pour essayer
de prélever leur livre de chair sur ce système bancaire qui devenait corrompu,
en faisant passer des lois qui forçaient les banques à prêter de l’argent à des pauvres gens pour qu’ils puissent s’acheter une maison alors même que tout le monde savait qu’ils seraient bien incapables de rembourser… Subprimes.

Les responsabilités politiques sont donc immenses dans la crise de 2008,
puisque les élus se sont crus autorisés à forcer les banques à prêter à des gens
dont tout le monde savait qu’ils ne pourraient jamais rembourser.

En fait, à la fin des années 90, aux USA, nous avons donc eu une véritable
capture de la Monnaie, organisée de main de maitre par une soi disant élite, et cette capture à permis à cette ploutocratie technocratique de s’enrichir de façon éhontée.

En Grande-Bretagne, monsieur Brown (le chancelier de l’Echiquier) décidait quant à lui de rendre la banque centrale indépendante (ce qui était une bonne idée),

mais décidait aussi de lui retirer tous les pouvoirs qu’elle avait pour contrôler le système bancaire pour les confier à une agence ad hoc, le Ministère des Finances
se gardant un pouvoir de supervision. Trois contrôleurs, c’est deux de trop,
et les banquiers de s’en donner à cœur joie en partant du principe que si marchait,
c’était pour eux, si ça ne marchait pas, c’était pour le contribuable.

Or le capitalisme ne se justifie moralement que si le gain est la contrepartie d’un risque réel. Les banquiers ont en fait organisé avec l’aide des politiques un système de profits sans risques, c’est à dire un système qui est moralement répugnant. Une fois encore, nous constatons une dilution de la responsabilité éminente qu’avait l’Etat de surveiller la création et l’utilisation de ce bien commun qu’est l’argent.

Là encore, la Gauche est à la manœuvre, du début à la fin .

Tout s’est passé comme si, à la fin des années 90, nous avions eu une prise de conscience par toute la Gauche technocratique, orpheline depuis la chute de l’Union Soviétique, que leur pouvoir d’organiser nos vies allait être battu en brèche.

Cette Gauche technocratique, parfaitement représentée à l’intérieur des systèmes politiques a donc décidé de prendre le contrôle de la Monnaie ,

et c’est ce qui s’est passé aux USA, en Grande Bretagne et en Europe.
Nous en avons un autre exemple parfait avec l’Euro,
créé par Mitterrand, Delors, Trichet et consorts, tous hommes de gauche…

Et comme chaque fois que l’Etat prend le contrôle de quelque chose, la faillite a suivie.

Et comme chaque fois, les responsables nous disent que ces choses la sont trop compliquées pour être comprises par les citoyens et qu’il faut laisser faire les spécialistes, c’est à dire eux, qui nous mis dans la panade pour commencer.

Ils ont peut être raison, bien que je sois persuadé du contraire. Les Suisses, les Canadiens, les Suédois, les Australiens, les Néo Zélandais…n’ont pas connu ce rezzou en rase campagne organisé par nos technocrates et se portent plutôt bien.

Mais en tout état de cause, expliquer que la crise actuelle a été causé par un excès de Libéralisme et en attribuer la responsabilité à Reagan ou Thatcher,

alors même que le désastre a été créé par la capture de la Monnaie
par une classe financière et technocratique de Gauche
qui ne cherche qu’à
servir ses propres intérêts me parait être le comble de l’irresponsabilité.

Je veux bien me faire voler. Je ne veux pas qu’en plus, on me prenne pour un idiot.

Charles Gave